© Marie-Laure Julian
Quel a été ton parcours footballitsique ?

Je suis né à Strasbourg. J'ai fait mes débuts à cinq ans et demi dans un club de la périphérie strasbourgeoise. A 11 ans, j'ai été repéré par le RC Strasbourg. J'ai fait quatre ans dans le centre de formation. A 15 ans, je suis parti dans le club de l'AS Pierrots Vauban, club de quartier à Strasbourg. A 17,5 ans, j'ai intégré le groupe CFA. J'y ai passé deux ans : un en CFA  où j'étais plus remplaçant que titulaire puis un en CFA2 où j'ai été titularisé deux matchs. A 20 ans, j'ai choisi de quitter ce club pour rejoindre la DH car j'avais envie de jouer. Je me suis blessé rapidement. J'ai eu beaucoup de soucis physiques dont une rupture des ligaments croisés qui m'a immobilisé des terrains pendant 6 mois, alors que j'avais fait une bonne saison. J'avais été pré-sectionné en équipe d'Alsace pour la coupe UEFA des régions. Puis, pour des raisons professionnelles, je suis venu à Bordeaux. J'ai crée une société d'événementiel, comme je l'avais fait à Strasbourg. Mais sans réseau, cela n'a pas fonctionné. Mais, je souhaitais voir sur Bordeaux rejoindre mon frère. Je suis d'origine bordelaise et je venais souvent passer des vacances ici, ma mère étant de Bordeaux. Et, mon souhait était de m'installer ici. J'avais passé une annonce sur le site de la ligue. Saint Bruno m'avait contacté car les dirigeants cherchaient un poste d'éducateur de 20 heures. Je me suis refait les croisés, au même genou, cela a été une période difficile. Cela fait maintenant dix ans que j'y suis.

Pourquoi avoir répondu favorablement à la proposition de Saint Bruno ?

J'ai eu un bon feeling avec le président Ferdrin. Je n'avais pas aussi envie - à cette époque - de repartir sur un rythme de plusieurs entrainements par semaine et d'une grande rigueur. J'avais besoin de recul suite à ma blessure et de jouer plus pour le plaisir que pour l'écriture. La première année, je jouais en PH. Nous avions été relégués en PL.

Il y a 18 mois, Saint Bruno était relégué en district. Malgré que ton esprit de compétition soit revenu petit à petit, tu as fait le choix de rester ?

Je suis tombé par hasard à Saint Bruno. Je m'y suis fait un cercle d'amis, des relations. Les premiers enfants que j'ai entraîné sont devenus des adultes. J'ai noué des liens avec tout le monde. Je me suis fixé des missions personnelles : m'investir et ne pas quitter Saint Bruno. Je me suis fixé un challenge. En dix ans, Saint Bruno a changé. J'aimerai faire une nouvelle analyse dans dix ans, voir ce que le club sera devenu. J'espère qu'il y aura une évolution. Aujourd'hui, en plus de jouer en équipe première, je suis éducateur et responsable de la formation U10/U17 en collaboration avec le responsable technique jeune, Jacques Jonas. J'encadre les U11 et U17. Je connais les joueurs, je suis leur évolution. Je peux discuter ainsi avec les éducateurs pour le programme des séances.

Cela fait beaucoup d'heures au football !

Je passe ma vie au football mais je suis salarié du club. Je suis aussi délégué du personnel de l'omnisports Saint Bruno et aussi co organisateur de l'évenementiel.

L'an passé, vous avez été élu meilleur joueur de D1 club VIP sur Foot Gironde, avec Demba Seck (Caudéran) et Yassine Abdaoui (St Laurent Cocarde). Comment avez vous ressenti ce titre, qui a été attribué suite aux votes des entraîneurs de la poule ?

C'était marrant. Au début, j'ai eu une étoile chaque semaines. Au début, cela me faisais rigoler. Puis, en janvier il y a eu le classement de mi-saison. Je suis donc entré dans la compétition. Mais mes coéquipiers m'ont pas mal chambré. Ils disaient que c'était parce que j'étais capitaine que j'avais l'étoile, que c'était car je passais le BMF et que je connaissais les entraîneurs. Sur la fin j'ai quand même eu envie d'avoir le titre.

Tu as aussi reçu en novembre dernier, le Walter du sport de la catégorie football. Comment as tu reçu cette récompense ?

Je suis beaucoup porté sur les valeurs collectives. Et je ne fais pas partie des gens qui sont attentifs au ballon d'or car ce n'est pas ma vision du football. Mais cette récompense est la mise en avant des valeurs et du collectif. Cela a été une belle occasion de mettre Saint Bruno en avant. C'était vraiment bien de mettre en avant le club.

Depuis quelques jours, la France doit vivre le confinement. Comment vis-tu vous cette période ?

On vit au jour le jour. On en apprend tous les jours. En peu de temps, nous sommes passés du stade 1 au stade 3. Je suis beaucoup les informations. Beaucoup de jeunes joueurs de l'association se posent des questions et sont inquiets. Ils nous demande quand on pourra reprendre le football. On leur explique qu'il faut relativiser. On espère tous que cela passe et que tous nous soyons en bonne santé. La chose la plus importante est la vie. Se reposer un peu fait du bien. Mais il est vrai qu'à force je vais tourner en rond. Je fais des abdos, des pompes tout en faisant attention à mon alimentation. Mais il faut prendre du recul. Après, j'observe aussi beaucoup ce qui est en train de se passer sur les réseaux sociaux et j'essaie de comprendre les comportements qui sont hallucinants.

Saint Bruno est aujourd'hui leader de la poule. On ne sait pas encore ce qu'il va se passer. Mais la saison blanche est souvent abordée, même si les instances veulent l'éviter...

Si c'est le cas, il faudra l'accepter. C'est une situation exceptionnelle, jamais vécue. C'est historique ce que nous vivons. Quoiqu'il se passe, il faudra accepter. On ne va pas se battre pour ça.

As tu un dernier message à faire passer ?

Bon courage à tous dans cette période difficile. Pour le reste, ce n'est que du football !